Palestinienne

Je porte toujours dans mon coeur le souvenir d’un pays où l’odeur des oliviers est présente, les montagnes escarpées et le désert….

Depuis des années des hommes et des femmes résistent envers et contre tout, je leur rend hommage à travers ce SLAM : Palestinienne.
Un texte que j’ai écrit au retour de mon voyage en Palestine il y a maintenant 10 ans. Rien n’a changé…

 

 

Mon amour,

Voilà plusieurs semaines, la solitude je sème.
Nos rendez-vous sont déserts, j’attends.
Sur des airs inconnus, j’attends
des heures en me disant demain tu seras dans cette rue.

Ce n’est plus aux portes qu’ils frappent. Tout s’envenime.
Des trachées dans les murs, ils tuent sans vous dire :
Pourquoi ? Contre qui ? De leurs machines, ce son vomit celui de notre perte.
Je porte encore ces perles,
celle de ta mère, de tes racines. Dans nos rêves on se parle,
mais l’odeur de ton corps peu à peu se rationne.
Je ne monte plus dans ces bus, la peur me harcèle.
Celle de ma mort seule, car ici notre union menacerait
ceux qui salissent nos droits et remplacent une mort annoncée.

Par la fenêtre, je regarde la liberté se faire parquer.
Il me reste une feuille, un stylo. S’enfuir, narguer
cette prison, plutôt que souffrir, regarder.
Ces couvre-feux, des gouffres fous où l’on souffre tous.
J’ai le souffle court.
Le «nous» sera-t-il toujours un dilemme ?
On dit l’âme immortelle mais dans le calcul induit l’homme,
et obtient celle de notre peuple éteint par un dealer.

J’ai froid tu me manques.
Ce n’est plus l’heure des pleurs mais de leur venin si mortel.
Je n’ai plus l’art de plaire, toutes ces douleurs venant me martèlent.
J’ai mal, devant la mort des pères, la haine se marre-t-elle ?
J’aimerais entendre ta voix, te toucher, te voir.
Que penses-tu de Sara ou bien Soraya,
Anissa ou alors Samia ?
Oui j’aimerais une fille, le fruit de notre amour éternel.
Mais est-ce réel ? Mon imagination est tel l’air,
impalpable, invisible, la guerre enterre-t-elle
tout avenir désiré ? Je saisirais toute lueur, étincelle.

Ils élèvent ce mur, le béton comme prison.
C’est plus que nos cœurs qu’ils gomment, pressés
de nous voir disparaître, leur came brisée
par la résistance d’un peuple oppressé.
J’ai pris ces pierres, moi aussi j’ai marché
face à ces chars, ces gosses sans repères, écorchés.
On nous prie de disparaître.
Moi je prie fois dix par être.

Je prie pour ta vie mon ange, je cherche ta voix.
Attendre que la pluie de bombes s’achève. Devoir
mourir parce que ces chaînes d’hiver
ne nous suffisent pas, devant cette chienne de vie.
Comment croire ?

Je lave mes larmes, tu es ma force, je suis remplie de toi.
Je te veux à mes côtés, nos nuits seront pleines d’étoiles.
Mais l’espoir me tarde, laissez-moi à terre !
Peu à peu, la paix disparaît au fond de ce vaisseau noir.
Ils savent abattre, eux, ils visent l’honneur,
détruisent, réduisent. Leur seul vice, la mort.
De La ville natale, c’est par l’Est qu’ils viennent.
À l’amour à la mort, ils sauront que je suis Palestinienne.

A mon ange,
Je t’aime.

Ana Dess

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *